En 1992, Gilles Barbier inaugure un protocole de travail dont les règles, simples et concises, privilégient une approche « de côté » de la chose artistique, de l’idée et du travail : un damier, des pions, un opérateur de déplacement, des énoncés. Le dispositif de ce jeu est très sommaire. Petit à petit, les pions abandonneront le damier, la poignée dans le dos et le protocole du jeu originel pour entreprendre une traversée du corpus social et culturel à travers des incarnations aussi multiples qu’extravagantes. À travers leur réplication à l’identique, ils restent rattachés à leur modèle originel, l’artiste : traits du visage, mains et pieds fidèlement moulés sur ce sujet docile. En découle un voyage dans le temps et le double de l’artiste, devenu modèle, accompagne son vieillissement. L’exposition dans le volume de Digitale zone propose quatre à cinq pions issus de ce travail.