Photographe et vidéaste, Léa Guintrand pointe les interférences entre le réel et les images qui s’y fabriquent. Elle cultive un rapport ambivalent à l’imagerie publicitaire et cinématographique, dont elle sait manier les techniques et la puissance de séduction pour mieux en déconstruire les effets.
S’infiltrant comme observatrice extérieure dans des environnements institués en tant que lieux de spectacle — un train panoramique dans un parc national, les coulisses d’un défilé de mode, une boîte de nuit — mais aussi dans des lieux du quotidien, elle y saisit des instants de décalage avec les codes et les normes qui régissent le positionnement des corps et du regard. Les images qu’elle en tire font surgir des récits silencieux où s’insinuent des anomalies. Les glissements perceptifs et culturels qui s’opèrent à la lisière des images, dans leurs rapprochements et leurs hors-champ, font naître un trouble qui nous renvoie à la fabrication des images et à celle de notre regard.