Ce projet prolonge la méthodologie de la Fototeca Comunitaria en une réflexion sensible sur la migration, transformant l’acte photographique en une expérience collective et performative. Une toile photosensible, activée lors d’une performance participative à Puno, Pérou, devient le support d’une traversée : elle voyage jusqu’à Marseille, enregistrant sur sa surface les traces physiques et symboliques du parcours.
À son arrivée, le révélateur fait émerger une image hybride, où se superposent l’origine, le voyage et la destination. La photographie, ainsi traitée, incarne un corps migrant : une matière vivante, marquée par les flux, les attentes et les métamorphoses.
Le projet s’accompagne d’un documentaire. Ce film, à la fois archive et œuvre, interroge la photographie comme pratique de résistance et de réinvention, où l’image n’est plus seulement un témoignage, mais un acte de présence.